La recette d’un bon burn-out: Pourquoi fait-on un burn-out?

Mais pourquoi fait-on un burn-out ?

Quelles sont donc les zones de vulnérabilité physique, psychique et environnementale qui peuvent nous exposer à ce risque ?

Dans cet article, je vous propose de prendre conscience des comportements ou croyances limitantes qui, dans certaines conditions de vie ou d’exercice professionnel, se mobilisent et favorisent l’installation d’un burn-out.

Qu’est ce que le burn-out ?

Sujet à de multiples débats et controverses, la Haute Autorité de Santé a finalement défini le burn out comme un syndrome d’épuisement professionnel se traduisant par un épuisement physique, émotionnel et mental résultant d’un investissement prolongé dans dans situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel.

Les symptômes étant le plus souvent confondus avec leurs conséquences fonctionnelles au travail, ils sont souvent perçus comme stigmatisants et culpabilisants par le professionnel d’autant que ce syndrome est toujours classé dans les troubles de l’adaptation dans le DSM et la CIM 10. Pire encore, dans la CIM 11, le burn-out est considéré comme résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré!

Les accompagnants de la relation d’aide et de soin sont particulièrement exposés au burn-out car ils sont exposés à des pressions intrinsèques liés à la nature même de l’activité médicale ( confrontation à la souffrance et la mort, à l’intimité des patients et de leur famille…) mais aussi aux pressions extrinsèques de plus en plus exigeantes des conditions de travail.

Ces articles sont nourris de ma propre expérience mais aussi des témoignages de ceux et celles dont j’ai partagé l’activité ou que j’ai accompagné pour traverser ce feu brûlant.

En ce qui me concerne, je crois que je n’ai pas loupé ma recette de burn-out. ( Cliquez ici pour lire ma présentation ) Dire que je l’ai réussie n’est finalement pas si paradoxal que ça. Parce que finalement, tel le Phénix, j’ai pu renaître de mes cendres ? Et croyez moi, cela peut prendre un peu du temps quand on ne connaît pas Dumbledore intimement.

Les 9 facteurs-ingrédients du burn-out

Voici sans aucun doute les 9 facteurs-ingrédients du burn-out, ou facteurs de risques du burn-out que vous avez sans doute accumulés, tout en les ignorant sans doute si vous lisez ces lignes.

1 : Identification à la profession 

Vous, homme ou une femme, avez décidé de tutoyer tous les jours la souffrance humaine. C’est la matière principale. Vous avez prêté serment, je vous le rappelle 😈

Si donc, je respecte mon Serment en rédigeant des protocoles ou aphorismes validés et si je n’ai jamais à rougir de mes actions, puissé-je avoir connu une vie enrichissante et tiré profit de mon art et avoir ainsi mérité de l’Humanité une gloire immortelle. Mais si, au contraire, je quitte la Voie royale tracée par mon serment ou, autrement dit, si je me parjure, que tout le contraire de ces bonheurs et de ces honneurs m’arrive !

Hypocrate, serment

2 : Engagement professionnel intense 

Tel Robin des Bois, vous avez accepté de vous engager avec, enthousiasme, foi et courage dans votre décision. Une grosse dose de courage et de foi, en somme. Croix de bois, croix de fer … Vous avez des idéaux et des objectifs élevés auxquels vous vous consacrez avec énergie quelles que soient les conditions climatiques professionnelles.

Dressez vous sans relâche jusqu’à ce que les moutons deviennent des lions.

Robin des bois, Ridley Scott

3 : Surinvestissement et Résistance 

Incroyable Hulk, vous êtes capable de supporter une charge de travail considérable sans dire « ouille ». Un très très gros récipient donc! Malgré des efforts constants et soumis à des pressions externes ou des exigences internes, vous redoublez d’ardeur. Heigh hi Heigh Ho!

pourquoi fait on un burn out
incroyable Hulk

4 : Habituation et frustration

Quand il n’y en a plus, il y en a encore. No limit, le récipient est sans fond. Son contenu est totalement insipide puisque joie et satisfaction n’en sont pas les épices principales. Et vous vous habituez à la chaleur. Vous connaissez la métaphore de la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite?

C’est l’histoire d’une petite grenouille qui nage dans un chaudron rempli d’eau froide sous lequel un feu est allumé. La température monte progressivement sans que la grenouille s’en aperçoive. Elle finit pas s’endormir et pfffff! Pauvre petite grenouille!!!

La parabole de la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite illustre parfaitement le phénomène d’habituation et de passivité dans un milieu qui se dégrade progressivement au point d’y négliger sa propre existence.

la grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite

5 : Exigence

Vous êtes absolument indispensable. Mary Poppins, vous savez ? Vous connaissez par cœur la formule « Supercallifragilisticexpialidocious ». Sans la baguette magique, mais avec de la grâce et souvent beaucoup d’humour, puis de dérision enfin de cynisme. Ça compense. C’est l’ingrédient magique grâce auquel tout est possible. “Mon précieux”…au risque de vous faire traiter de ” stupide hobbit joufflu”!

6 : Performance

Un côté MacGyver peut-être. Hé oui, rappelez-vous, MacGyver, l’homme au couteau suisse a en horreur les armes et il ne s’en sert jamais pour se sortir du pétrin, ses inventions lui suffisent. Donc à son image, avec peu, vous faites (presque) tout. Et vous êtes multi tâche. Vous contrôlez, on ne sait jamais…

7 : Invulnérabilité

Le repos ? Pourquoi faire. L’adrénaline c’est bon pour la santé. Notre côté chevalier sans peurs. L’épice indispensable, sans laquelle rien ne brûle vraiment.

8 : Procrastination et Déni

Les bobos, moi ? Même pas mal. On verra ça plus tard. J’appelle cela le “Syndrome Scarlett”. Un mécanisme de défense bien rodé qui a fait ses preuves.

Après j’y réfléchirai demain.

Autant en emporte le vent

Autant en emporte le vent

9 : Reconnaissance

Vous êtes consciencieux et compétents. D’ailleurs on vous a fait confiance. C’est un signe ça non ?

La reconnaissance est le seul trésor du pauvre

William Shakespeare, Richard II (1595)

Plus il y a de beaucoup de grumeaux dans cette recette, plus cela renforce l’insensibilité à la chaleur.

Evidemment, comme dans toute recette, il vaut mieux respecter les bons dosages. Dans la recette du Burn out, les quantités exigées sont très très importantes et réclament beaucoup de temps et d’énergie. Ils coûtent donc très chers.

Puisqu’il faut tout cuire, nous avons besoin d’un four à chaleur intense avec un thermostat très sophistiqué donc impossible à régler si vous n’avez pas lu la notice : les conditions de travail.   Ils feront l’objet d’un prochain article. « Le bon four pour réussir son burn-out ». Et parce que j’adore les histoires, “Il était une fois … le burn-out” vous en racontera l’histoire de cette recette si médiatisée. Dans  « Les cendres du burn out », je vous parlerai des manifestations cliniques du burn-out, avant d’en faire “la critique gastronomique”. Et enfin ,je vous proposerai de réfléchir aux moyens d’éviter de se calciner pour créer une nouvelle recette bien plus savoureuse et moins brûlante si vous apprenez “Comment sortir du four avant le burn-out”.

Voilà les amis, n’hésitez pas à partager si ce premier article s’il vous a plu et à commenter si vous le souhaitez.

Je vous dis à bientôt pour la suite de la recette…

2 réflexions sur “La recette d’un bon burn-out: Pourquoi fait-on un burn-out?”

  1. Levy-Neumand Corinne

    Christine
    Aujourd’hui en lisant ton article, j’éprouve une certaine émotion. Fierté ? Soulagement ? Tranquillité ?
    Fierté, d’avoir été pendant ces 35 ans Infirmière, Cadre de santé, Robine des bois, Hulke, Grenouille cuite, Mary-Poppins, Mac(e) Cyber, Scarlett, Corinne !! Certes parfois douloureusement, mais dans un chemin de vie professionnelle et personnelle qui m’ont conduit à mieux me connaître, et connaître aussi la fierté d’avoir accompagné patients, professionnels, et parfois à dose infinitésimale une réflexion professionnelle. Une fierté également pour toi Christine ! De ce que tu es et de ce que tu réalise. Un projet qui ne peux que réussir tant il est porteur. Un projet que je ne manquerai de faire connaître et recommander tant il peux redonner le sens du soin à ceux qui l’ont perdu….
    Corinne

    1. Corinne,
      Merci pour ce gentil commentaire qui m’encourage à poursuivre mon projet. Le témoignage de ton expérience comme celui de tous ceux et celles dont j’ai croisé la route sont de puissants moteurs qui continuent à le nourrir. Belle et douce journée

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