QUI SUIS-JE ?

Bonjour et bienvenue sur ce site.

Si vous saviez comme je suis heureuse de faire enfin votre connaissance.

Je m’appelle Christine Parreno. Je suis née en 1963, par hasard sans doute, à Grenoble, ville utérine entourée de chaînes montagneuses dont je ne pensais jamais sortir un jour.

Je suis devenue médecin généraliste, sans hasard sûrement, toujours à Grenoble, choisissant l’exercice libéral en milieu rural, au service d’un modèle de soins dont je ne pensais jamais échapper un jour.

Pendant 10 ans j’ai accompagné la souffrance de ceux et celles qui m’ont fait confiance, avec sincérité, attention et passion. Au nom de ces 3 couleurs, j’ai consacré beaucoup de temps et d’énergie à cet aspect de ma vie qui s’est peu à peu dilaté au point d’effacer le sens et la pertinence de mon choix professionnel.

En perdant pied, emportée par cette routine frénétique valorisant savoir faire, efficacité, reconnaissance et avoir, j’ai perdu contact avec cette femme qui se proposait, tout en s’ignorant, d’accompagner le mieux être de ceux qui lui faisaient confiance.

Déclic N°1

Et mon corps m’ a donné le premier enseignement.

Epuisement, burn-out, ce terme anglo saxon mérite finalement qu’on le traduise littéralement, si nous en retirons le trait d’union. Je me suis donc consumée. Selon le Larousse, consumer signifie “détruire peu à peu quelque chose en le réduisant à rien par l’action d’un feu ou d’une forte chaleur”. J’aime assez cette image finalement. Elle responsabilise le “je feu”. Je me suis calcinée sur le bûcher que j’ai entretenu pendant des années. Et, sans avoir ressenti la moindre brûlure, je suis devenue cendre.

Déclic N°2

Alors, mon corps m’a donné le second enseignement.

Cancer du sein. Et là, j’allais commencer à me poser quelques questions et finalement accepter, avec culpabilité encore, quelques semaines d’arrêt de travail.

Et, spectatrice cette fois, j’ai observé dans un bâillement muet et désespéré, le film de la vie que j’avais tricoté. J’ai assisté, impuissante, à la dérisoire épitaphe du dérapage de ma vie.

Au fil des jours j’ai pris conscience des conditions de plus en plus précaires auxquelles ce métier de soignant m’avait confronté dans un brouillard qui m’aveuglait peu à peu. Elles m’avaient épuisée, avec un activisme frénétique, à intégrer des injonctions, de nouvelles normes, des modèles et des protocoles qui ne lui correspondaient pas toujours. Je m’étais découragée et j’avais perdu le sens de la relation d’aide dans l impasse des objectifs de rentabilité, d’efficacité et d’utilité.

Décision N°1

Il m’a fallu 2 longues années pour détricoter cette vie que j’avais choisie mais dans laquelle je m’étais enlisée. J’en ai défait patiemment chaque maille, et je me suis attardée sur chaque maille oubliée. Sans regret ni remord, j’ai suivi mon fil. Et un jour je suis partie le tricoter à l’endroit.

J’ai traversé un divorce douloureux et j’ai attendu que mes enfants s’envolent vers leur propre lumière. Avec cette liberté juste ébauchée, j’ai fécondé un projet assez fou dont j’en ai accouché 2 années plus tard.

Décision N°2

Faire mon tour de France en passant par les DOM TOM, pour partir à ma rencontre.

J’avais désormais, grâce aux ventes de mes biens, suffisamment d’argent pour envisager de m’accorder le temps nécessaire pour mûrir un changement d’orientation professionnelle mais aussi de rechercher dans l’ailleurs une nouvelle manière d’être dans le soin.

J’ai défait les derniers nœuds matériels qui me retenaient. J’ai vendu ma maison, mon cabinet médical, puis les biens matériels que je possédais. J’ai pris soin de dire au revoir à chacun de mes patients avec lesquels tant de liens de confiance s’étaient tissés, tout en les accompagnant vers le relai qu’ils avait choisi.

Puis je me suis patiemment allégée de l’avoir pour aller chercher l’être. J’ai affronté des peurs et traversé mes doutes. J’ai cherché à vivre le manque pour trouver la plénitude, à croire en l’abondance que tout choix propose s’il est vécu en conscience et avec foi.

Silence

Avant de partir, je me suis proposé un long mois de retraite silencieuse dans un monastère normand. Cet isolement choisi m’a permis d’ouvrir les premières écluses qui me retenaient. Ces précieuses semaines, inconfortables et inhabituelles au début m’ont appris à questionner, sans repères et sans attente, mes croyances limitantes et mes désillusions. Je me suis volontairement perdue pour m’autoriser à retrouver ma trace. Le silence est le cadeau que je me suis fait. Il est accueil inconditionnel, réconfort et source de ce qui fait réellement sens. Je reconnais aujourd’hui l’allié toujours présent qui m’accompagne et m’aide à me recentrer puis ajuster ma posture dans toute expérience.

Action

J’avais l’idée de vivre l’expérience des compagnons du tour de France, en proposant mes compétences professionnelles auprès de services hospitaliers. J’étais lasse de l’exercice de médecin généraliste et j’avais besoin d’élargir mon horizon vers une spécialisation que j’avais abandonnée au début de ma carrière professionnelle. J’ai donc choisi de valider une qualification en psychiatrie.

Très rapidement, j’ai obtenu des postes successifs dans différents services, dans de nombreux départements métropolitains et d’outre mer. J’ai appris la disponibilité, l’adaptabilité et découvert la curiosité joyeuse des rencontres du voyage.

Formations

En parallèle, je me formais à différentes approches psychothérapeutiques telles que les techniques de thérapies cognitivo-comportementales, thérapies des schémas, EFT, thérapie sexo-fonctionnelle, pleine conscience, communication non violente. J’explorais ces outils, seulement guidée par le plaisir et la curiosité à les découvrir. Plus je suivais mon fil d’Ariane, plus je me rencontrais, et plus ma posture s’alignait avec de plus en plus de justesse et d’authenticité dans la relation de soin à l’autre.

Bien sûr, mon indépendance professionnelle me rendait libre de toute pression institutionnelle. Elle me permettait également une observation lucide des différents fonctionnements et inter-relations des acteurs du réseau de soin.

Observations

Pendant 10 ans, au cours de ces différentes missions, j’ai rencontré des professionnels épuisés et découragés dans l’impasse des objectifs qui leur semblaient imposés de manière dictatoriale. Ils perdaient le sens de leur engagement. En partageant leur activité, j’ai écouté leurs témoignages et leurs fréquentes mises en doutes de leurs compétences pourtant indiscutables.

Je prenais conscience également du changement qui s’opérait également chez nos patients. La demande de soin s’élargissait et cherchait à échapper au contrôle d’un système qui déresponsabilisait de plus en plus l’individu dans le process de soin.

Prises de conscience

La maladie doit se lire dans ses multiples expressions, somatique, psychique, sociale et écologique. La maladie nous délivre un message, qu’il s’agit d’accueillir et de décoder. Il ne s’agirait plus de « prendre en charge » l’individu malade, de porter le soin mais de l’accompagner à questionner sa santé, à repérer les signes à l’origine de déséquilibre d’où émergent bien des risques, à encourager sa pro-activité dans le maintien de sa santé.

Cette posture juste , respectueuse de soi et de l’autre peut permettre de renforcer l’adhésion à la proposition thérapeutique. C’est elle qui me semble donner sens à notre engagement.

Si quelqu’un désire la santé, il faut d’abord lui demander s’il est prêt à supprimer le causes de sa maladie. Alors seulement il est possible de l’aider.

Hypocrate

Prenant conscience de cela, il m’est apparu nécessaire d’aider les professionnels de la relation d’aide et de soin à mieux se définir dans cette relation, à reconnaitre leurs limites et leurs besoins, de les encourager à les exprimer et à les respecter, pour apprendre à être présent à soi avant d’être présent à l’autre.

Décision N°3

J’ai eu envie de partager l’expérience de mon parcours avec vous et d’essayer avec humilité d’accompagner ces professionnels passionnants et passionnés, petites abeilles dévouées mais aujourd’hui si vulnérables et découragées dans la ruche immense de notre système de santé.

Et si nous apprenions à surfer sur une nouvelle prise en soin, écologique dans le sens du respect de soi et de notre environnement ?

Et si nous définissions une posture d’aide et de soin différente mais respectueuse de la richesse de ce que nous sommes à chaque instant.

Et si nous nous dirigions vers une approche écologique de la santé qui ait vraiment du sens ?

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